Polisse de Maïwenn (Le Besco) – 2011

La splendide et fracassante affiche du film-documentaire Polisse était signée Agence Rysk dont nous avions réalisé une interview visible ici > clic <

C’est une habitude dans l’équipe de Claire Safronoff, ils prennent des risques visuels qui vont au-delà du simple travail graphique. Pour preuve ils ont récemment conçu celle de L’Origine de la Violence d’Eli Chouraqui avec son étoile de David en forme de barbelé ainsi que le Made in France de Boukhrief avec son AK-47 en guise de Tour Eiffel (finalement retiré suite aux évènements de novembre).

Hasard ou coïncidence, l’une des meilleures affiches de films de 2011 ressemble à s’y méprendre à la pochette de l’album Trait Pour Trait (2006) du groupe de rap parisien Sniper, composé à l’époque de Tunisiano, Aketo, Blacko et DJ Boudj. Mais sortons le microscope et voyons ça de plus près.

Synopsis

A Paris, bourgeois et prolétaires abusent des enfants, proies faciles pour libérer son stress après une journée à La Défense ou au Pôle Emploi de Créteil. Une équipe de flics au bord de la rupture se charge tant bien que mal de faire respecter la loi pendant que des rappeurs immigrés se confondent avec leur photo d’enfant (rien de sale on vous rassure). Eh oui dans la jungle urbaine, les gentils ne sont pas forcément ceux qu’on croit.

Technique

Le secret c’est de réussir le shooting avec les acteurs, de cadrer la bonne pause au bon moment. La touche de l’agence de Rageman et Safronoff fait le reste : qualité plastique irréprochable et travail du contraste. On peut utiliser le flou de surface, le passe-haut et l’incrustation comme mode de fusion pour nettoyer et renforcer la netteté de son image. On importe le polaroïd de l’enfant et on efface simplement le contour des doigts. Pour plus de réalisme on peut dessiner de légers reflets opacité réduite.

La typo est géniale. Le mieux est de tracer au feutre blanc sur papier noir son titre, un peu comme le ferait un enfant. On scanne le tout, puis importation Photoshop et on efface le fond avec le mode Produit ou Superposition.

Comme les rappeurs aime le bling-bling et le visuel avec du caractère, on accentue les filtres flou de surface, les modes de fusion et on creuse d’avantage les contrastes. La culture de la rue en quelque sorte.

Artistique

Les policiers comme les rappeurs se cachent derrière leur insigne. Code Pénal, code de la rue, code d’honneur, l’idée est la même : l’enfant c’est l’âme innocente et joueuse qu’on voudrait tous garder. Malheureusement le monde adulte, aveugle et prédateur, arrive bien vite. L’éclairage dramatique, les contrastes forts et les regards fixes nous interpellent. C’est finalement le Directeur Artistique Nicolas Cléry-Melin qui en parle le mieux : « l’affiche de Polisse dépasse la simple narration du film avec un concept fort. » Merci monsieur.

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