Romain Levy – 2017

Certes, Kev Adams n’est pas connu pour la grande originalité de ses affiches. L’ado-qui-ne-vieillit-pas semble pourtant avoir rattrapé son retard dans le dernier délire de Romain Levy (Radiostars, Et soudain, tout le monde me manque). Alors le film peut-il s’adresser à autre chose qu’un public de crevettes décérébrées ? Eh bien rien que pour son affiche qui claque comme du pop-corn chocolat, on a envie de dire : « une belle affiche fait forcément un bon film, alors foncez bande de rabats-joie ! « 

Laurent Melki – 1980

Natif d’Avignon et diplômé de la célèbre ESAG parisienne, Laurent réalise sa première « vraie » affiche en 1971 pour La baie sanglante, le giallo de Mario Bava. Repéré plus tard par Metropolitan Film Export, on lui confie ce qui deviendra une de ses plus belles créations : le Creepshow de Romero sorti en 1982. L’apogée des Vidéos Club et de la Sacro-sainte VHS lui permettent d’exposer son art aux yeux de tous, et grâce à lui, nos soirées d’alors ne seront plus jamais les mêmes. Au compteur du monsieur, près de 200 jaquettes pour une vingtaine d’affiches de films tendance Z qui tâche.

Et puis vient la collection Fil à Film et la tronche à « Bebel ».  Pétards, explosions et décolletés béants au programme. L’artiste régale les distributeurs. A l’époque, le marché de la vidéo est en plein boom mais soumis à une forte concurrence venue des États-Unis. Alors la jaquette devient un véritable outil de communication ayant le pénible devoir de « vendre » le film auprès d’un public difficile et sélectif.

Actuellement, et malgré le déclin de la VHS, Laurent poursuit sa passion et continue d’inspirer la nouvelle vague du cinéma de genre à la française (relire notre dossier spécial années 80 ici)

Synopsis

Nora est belle mais deale de la drogue. Ruben la kiffe grave, mais bien sûr il est trop timide pour lui dire. Alors quand elle part pour Amsterdam, ce n’est pas pour assister au classico Ajax-Feyenoord. Elle vole la came, Ruben panique et Durex « la Capote » s’incruste. Au passage, on retrouve avec plaisir le cousin Hub’, perdu dans sa télé depuis la Haine.

L’affiche technique

Du grand art. Des techniques d’autrefois actualisées sur un iMac 21.5. Le lien parfait entre les pinceaux de Melki et l’agence de Claire Safronoff.

Tout commence par une solide base croquis sur papier Canson d’après photos de production. On monte les valeurs des plus claires au plus foncées avec des crayons à pointes grasses. Une fois la composition terminée, on sort les aérographes pour projeter de l’encre et poser les premiers aplats de couleurs. Puis les ombres et les reliefs. Puis on laisse sécher.

La touche finale ? On scanne et on termine dans Photoshop avec des halos en lumière tamisée, des lueurs externes, de la densité +/-, du flou de surface et de la réduction de bruit. Ensuite on balance un gros .tiff à l’imprimeur en 600dpi et le public fait le reste.

L’affiche artistique

Une déclaration d’amour. Une claque visuelle. Le travail d’affichiste hissé au sommet de l’art véritable pour une industrie cinéma trop souvent repliée sur ses certitudes. Rien que pour ça, il faut voir le film, car une belle affiche vous aidera toujours à repenser son film. Même si Kev Adams joue dedans.